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Les « dreap drops »

27 Mai

A la bibliothèque de Saint-Aubin-d’Aubigné on a eu une idée originale: sceller une clef USB dans les murs de la bibliothèque, à côté de la boîte à lettres « normale » de cette même bibliothèque. L’idée est née dans l’esprit d’un artiste allemand: Aram Bartholl, qui a, en octobre 2010 inséré cinq clefs USB dans les murs de New-York. Cet acte artistique s’est élargi rapidement en Europe et jusqu’à la petite ville de Saint-Aubin-d-Aubigné.

Mais ce comportement existait avant cet art « in situ ». Les espions correspondaient de cette façon pour plus de sécurité, c’est ce qu’on appelle désormais des « dreap drops », c’est à dire « boîtes aux lettres mortes ».

Le fonctionnement est assez simple, les possesseurs d’ordinateur peuvent s’y connecter à loisir pour déposer ou récupérer des informations, qu’elles soient audiovisuelles ou qu’il s’agisse de textes.

La bibliothèque réaffirme son désir de s’inscrire dans une certaine modernité, celle des technologies de communication ainsi que d’ancrer cet acte dans une visée artistique.

On peut dire que plus qu’une véritable innovation c’est une anecdote qui reste cependant intéressante. Il est vrai qu’aujourd’hui tout le monde possède un ordinateur – le plus souvent portable- et une ou plusieurs clefs USB. D’ailleurs on peut qualifier ces dernières de « sortes de petites vies informatiques ». Je m’explique: bien souvent on utilise une clef USB pour sauvegarder des données qui nous semblent importantes, que nous avons mis du temps à rassembler, qui en fin de compte « nous ressemblent » ou sont le reflet de notre vie.

Échanger entre anonymes comporte aussi une part de mystère, on ne sait pas ce qu’on va trouver, on y met un peu de sa vie, on est un peu comme un enfant devant une surprise…

De plus on se rend tout de même à la bibliothèque, ou du moins jusqu’à la « boîte aux lettres mortes » et pourquoi pas ne pas aller faire un tour à la bibliothèque elle même…

Même si ce système » humanise » l’informatique, il n’est peut être pas si viable. Deux reproches peuvent être faits. A l’heure d’Internet, des réseaux sociaux tels que Facebook ou de la recherche avec Google Chrome, de l’automatisme du mail, qui irait chercher sur une clef USB des informations dont il n’a sans doute pas besoin ?Qui se déplacerait encore? De son domicile on a accès au monde entier grâce aux nouvelles technologies. Bien entendu l’inconnu attire mais il est bien possible que ce nouveau comportement tombe en désuétude.

Un autre inconvénient existe, qui peut se généraliser à l’ensemble des bibliothèques à l’heure de la numérisation: le support livre va-t-il disparaître ? La dématérialisation est-elle inéluctable? Sera-t-on dans 10 ou 20 ans dans un mauvais remake de » Fahrenheit 451″ où lire un livre et non pas une tablette sera passible de prison ?

Le bibliothécaire, s’il doit indubitablement se former aux nouvelles technologies se doit de faire en sorte que survive le support papier, le livre. Ce dernier est bien souvent une histoire, un monde, un homme et la relation « charnelle » au livre ne pourra jamais être remplacée.

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